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Toute la Soiree avec Vijay Iyer.

Justin Wee. The second half of Nextbop, the Alfred Lion to my Francis Wolff, the Diz to my Bird, the Chick Corea to my Bobby McFerrin, the Matt Stevens to my [Christian Scott], the Miles to my Coltrane, the ... meh . you get the picture. Justin writes beautifully in French. So I thought: "Fuck it." Why not share it with those who do understand. So here's his article on our [Vijay Iyer] day. (update: the Google Translation is pretty darn readable!)

Justin Wee
Co-Founder
j.wee@nextbop.com

Première journée d'un festival que l'on attendait avec impatience. La note inaugurale de cette 31e édition fut offerte par Vijay Iyer. Que demander de mieux que ce pianiste pour démarrer cet événement où pendant 12 jours, notre monde tournera autour de la planète jazz ?

Vijay Iyer est un New-yorkais d'origine indienne. Il a presque la quarantaine, des cheveux courts impeccablement coiffés qui lui donnent cet air studieux et ce flegme sûrement hérité du temps des colonies britanniques. Son premier concert de la journée inaugure la série "Piano solo" qui se tient dans une petite église, la Chapelle du Bon-Pasteur, où un Fazioli règne en maître, posé à même le plancher. Au-dessus de nous pend un chandelier qui éclaire une salle comble de 150 personnes.

Le concert s'ouvre sur des compositions personnelles. Du jazz contemporain, déstructuré et manié avec précision, et la douceur offerte d'un style percutant dans des gants de velours. Les thèmes sont incompréhensibles comme une longue formule mathématique, mais elles se tiennent par une mystérieuse logique. La deuxième partie est entièrement dédiée aux standards. "Darn That Dream", "Epistrophy" et un medley du répertoire de son maître, Duke Ellington, y mettent fin. Un rappel improbable : "Imagine" de John Lennon, en ré mineur !

Après une heure de piano solo, je me rends compte qu'il y a une anomalie dans ce à quoi je viens d'assister. Il me manque un peu... d'exotisme. Je suis à la recherche du côté indien de Vijay Iyer. J'ai beau remonter les sources de son improvisation, recouper les influences harmoniques de ses mentors, nulle trace de sari ou de sitar, de quart de ton ou de rythme cyclique. Est-il comme moi ? Un assimilé qui n'a que le physique pour rappeler les origines de ses parents. J'ai encore droit à un autre concert pour ruminer ces basses réflexions.

Cette fois-ci, il est en trio dans une des plus belles salles de Montréal, le Gésu. À quelques heures d'intervalle, le pianiste contemporain s'est transformé en un formidable leader, libéré de contraignantes théories musicales, grâce à une formation dont l'équilibre est créé par l'arrivée de Stephan Crump à la contrebasse et de Marcus Gilmore à la batterie. Les arrangements sont parfaitement rodés. Tout se déroule avec facilité. Chaque personnalité, pourtant si différente, cohabite dans une puissante et solide harmonie. Stephan Crump est le plus lyrique. Il est avare des notes, mais insiste avec son archer pour produire des effets aux colorations orientales (et indiennes !). Marcus Gilmore est le plus imposant. C'est le mélange d'un style hard-bop revisité à l'air du temps.

Individuellement, ce sont tous de bons musiciens. Mais ensemble, cela crée un trio si éclectique, si riche en contrastes et tellement uni, que j'ai compris ce qu'une formation aboutie de piano/basse/batterie pouvait signifier. Pas une seule fausse note dans cette leçon de musique. Un véritable bijou comme je n'en ai jamais vu. Unique et inoubliable.